Vendredi 26 octobre


Une bonne journée s'annonce : un peu de neige est tombé dans la nuit et la météo en annonce encore pour la journée, je déjeune donc tranquillement. Je pense alors que ce sera une journée comme les autres ; mais à l'heure du rendez vous la neige recommence à tomber. ça tient un peu mais les flocons sont petits... Pas grave, je verrai bien ce que ça donne plus tard. Je pars donc pour le site avec mon patron et mon correspondant.

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A l'arrivée sur le site sur le coup de 8H00, le patron propose le premier café de la journée, ce qui est fort appréciable avec le froid qu'il y a dehors. Je prends mon café et m'installe à la table pour accompagner les Norvégiens pour leur fameux repas du matin, qui consiste à manger tout et n'importe quoi mélangé... du moment qu'il y a de la mayonnaise ! Je regarde par la fenêtre, et là je vois un gros nuage noir se diriger sur le petit bungalow qui nous sert de bureau. Arnt (mon correspondant) me dit que c'est de la neige, j'aurais plus pensé à un orage ; mais moins de 5 minutes après une averse de neige s'abat sur nous et commence à recouvrir les fenêtres du bungalow. Ole (le patron) me dit de reprendre un café car j'en aurai besoin quand on travaillera dessous. Sur le moment je ne le crois pas... ( il est très farceur), mais finalement la neige se calme. Je décide d'aller prendre quelques photos pour avoir des images des montagnes couvertes de neige, je fais mon petit tour puis je rentre et je reprends un autre café (si je ne suis pas efficace après ça ...).

Après avoir bu mon café et joué avec les caméras de l'entreprise à regarder tout et n'importe quoi Ole me dit que c'est le moment d'aller « faire les morts . On s'habille avec les fameuses combinaisons norvégiennes ( une doudoune de la tête aux pieds) et nous voilà partis, Ole, Arnt et moi en speedy boat (bateau à turbine plus réactif qu'un être humain : on peut se retrouver par dessus bord avant de s'apercevoir que l'on est parti. On commence à ramasser les morts, pas un nuage à l'horizon. Le café commence à faire effet : je ne tiens plus en place, et bien que l'on soit au maximum de nos capacités j'ai envie d'en faire plus...

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La matinée touche à sa fin, c'est l'heure d'aller manger. Arnt et moi mangeons un sandwich comme d'habitude mais les 2 autres collègues norvégiens ne mangent pas ( 1ére chose pas normale, un Norvégien mange toujours même si il n'a pas faim...). Après ce petit repas, direction l'étage en dessous (l'atelier), pour faire un gros rangement rapide mais très efficace (2ème chose bizarre, ça prend moins de 5min alors qu'il y avait un désordre monstre...). Retour au bungalow ; je reprends un café pendant qu'un Norvégien crie un ordre à toute vitesse, puis tout le monde s'active...


LA SUITE AU PROCHAIN EPISODE...


L'équipe se met au ménage, passe l'aspirateur, et l'éponge sur la table des repas et la table basse du salon, fait la vaisselle et lance la machine à laver en moins de 3 minutes montre en main. Si on a voulu m'impressionner c'est réussi... mais je ne comprends toujours pas se qui va se passer.
Jusqu'au moment où j'aperçois un bateau qui arrive à toute allure tandis que les Norvégiens mettent la table ( je commence - enfin ! - à comprendre se qui se passe : il y a des invités au repas de midi).
Tout le monde s'installe et commence à manger jusqu'à ce qu'il y en ait un qui se lève et parte en bateau (une fois de plus je n'ai rien compris, je ne parle pas le norvégien...). Les minutes passent, toute l'équipe s'amuse et blague ( en norvégien pour changer...). Puis celui qui était parti à toute vitesse refait son apparition mais avec une surprise :c'est un énorme gâteau ! Il fut partagé entre toute l'équipe, et il y en eut de reste pour ceux qui en redemandaient ( y compris moi : les Norvégiens ne me proposent pas du gâteau tous les jours).


Le repas fini tout le monde repartit, y compris Arnt qui avait une soirée pour son anniversaire. Ole et moi avons pris 2 cafés puis nous nous sommes mis à installer un terminal de distributeur d'aliment.
Ce qui fut assez folklorique car il fallut prendre une barque pour placer correctement le terminal au milieu de la cage. Ole se dévoua pour accomplir cette tâche un peu délicate, étant plus expérimenté que moi. Ceci fait il fallut repasser la barque de l'autre côté de la cage, ce que j'avais omis de faire puisque j'avais déjà refermé les filets. Quand il me l'annonça, le mot « merde » sortit de ma bouche sans prévenir et j'entendis Ole exploser littéralement de rire (c'est le seul mot qu'il connait en français et il l'utilise souvent). Après un joli fou rire à deux, nous retournâmes dans le bungalow pour tester le terminal.
On discuta chasse et pêche puis il me montra une vidéo de pêche au requin, filmée juste à côté des cages où l'on était. Un requin de 3,9 m avait été sorti ; je lui ai demandé s'il y en avait des plus petits qui seraient à ma portée et à celle de ma canne. Après un long silence, il m'annonça que ma canne était juste bonne pour le petit poisson français. Il m'expliqua que pour pêcher le requin, même le plus petit (ici 1,5 m !), il fallait une canne de puissance 100-400g ( la mienne fait 10-50g ). Il faut pêcher du maquereau en début de partie pour l'appât, puis une fois la ligne au fond il faut tirer de temps en temps jusqu'à ce qu'un poisson veuille bien mordre. Le problème, c'est que l'on peut attraper autre chose avec cette méthode, comme du loup de mer, de la baudroie ou encore de la très grosse morue. Mes pensées se bousculaient dans ma tête : c'est décidé, il faut que je tente d'attraper une de ces grosses bêtes qui traînent au fond, lequel se trouve à environ 100 m de profondeur. A l'heure où j'écris ces lignes, je ne pense plus qu'à ça, une belle photo avec un poisson trophée. Je pense que cette nuit sera marquée de rêves de poisson et de délires de cette magnifique journée de neige en Norvège...

Merci d'avoir lu ce « petit » récit d'un Français, qui vit dans la peau d'un Norvégien depuis 2 semaines.

Damien

 

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